Quintet
Images et personnages
Musieklaar -Février 2011 Hollande
Comme il y a "haute couture" et "haute cuisine", il doit y avoir quelque chose comme "haute improvisation" : le Gael Mevel quintet en est un exemple.
Un pur délice.
Blow up -Février 2011 Italie
Un disque impalpable et sublime.
Piercarlo Poogio
blog de françois Couture -juillet 2010 Canada
Ooooooh. Très joli, très profond ,très séduisant. Le pianiste Gaël Mevel propose ici: a) un belle rencontre de musiciens (Jacques Di Donato au son de clarinette si berçant, le violoncelliste Didier Petit, Jean-Jacques Avenel à la contrebasse et le batteur Thierry Waziniak); b) et un concept intéressant, où les musiciens lancent de petits haïkus musicaux, des cellules écrites insérées sur une toile de fond improvisée. Deux pièces d’une vingtaine de minutes chacune. Élégant, mélodique, original. J’aime beaucoup.
Jazz magazine -sept 2010 France
Gaël Mevel crée un univers à partir de "personnages" de films muets que Jean-Jacques Avenel, Didier Petit, Jacques Di Doanto, Thierry Waziniak, transforment en mélodies atonales, harmonies bruitistes, chuchotements énigmatiques...
Une improvisation collective conceptuelle et sincère.
Franck Bergerot.
Bad Alchemy-juin 2010 Allemagne
Le pianiste et le joueur de bandonéon Gaël Mevel garantit une poésie aussi tendre qu'on peut à peine se l'imaginer.
Les connaisseurs disent que, dans son Quintet qui est solidement composé avec Jean Jacques Avenel à la contrebasse, Jacques Di Donato à la clarinette, Didier Petit au "cello" et Thierry Waziniak aux percussions, ce sont Avenel jouant Steve Lacy ou Waraba et Petit jouant Alan Silva's Celestrial Communication Orchestra ou NOHC qui sont les "in-situ-faiseurs" réputés et expérimentés.
Les "Haikus" musicaux ont aidé pour les images et les personnages, pour lesquels Mevel s'est laissé inspirer par des films muets pour en tisser des fils cinématographiques qui suggèrent un état de lévitation, d'impressions et de sentiments très éloignés des formes de spectacles actuels.
Mevel est créateur de nouvelles musiques de films muets pour "le dernier homme" de Murnau, le "Les gosses de Tokyo .." de Ozu, "La passion de jeanne d'Arc" de Dreyer ou "He Who Gets Slapped" de V. Sjöström.
Deux scènes se créent devant l'oeil interne "Cette nuit, là " et "Le troisième rêve de Nathanaël" avec une possible trace de Hawthorne et une plus probable menant à "Der Sandman" de E.T.A. Hoffmann.
On a seulement besoin de baisser les paupières et la musique de chambre noire de Mevel laisse apparaître naturellement une femme de rêve, une Clara ou une Olympia qui nous fait les yeux doux.
Le son du grisli - juin 2010
Le dernier album du pianiste Gaël Mevel, en quintet et pour le label Leo Records, se compose de deux longues suites d’une vingtaine de minutes chacune. Jamais, la musique jouée par Mevel et ses compagnons (Jean-Jacques Avenel à la contrebasse, Didier Petit au violoncelle, Jacques Di Donato à la clarinette et Thierry Waziniak aux percussions) ne se départira des climats sereins, méditatifs et concentrés développés dès les premières minutes.
D’abord, c’est au bandonéon que Gaël Mevel dépose délicatement un lambeau de mélodie, quelques notés tirées d’un ailleurs imaginé entre la comptine enfantine et une rengaine folklorique sans âge. Alors, les instruments, chacun à leur rythme (cette musique est la conjonction de respirations qui se cherchent et se rejoignent !), apprivoiseront ce bout de mélodie, le feront leur en lui dessinant de nouveaux contours qui s’entrelaceront tout au long de la première plage. Ce motif mélodique sera réintroduit dans la discussion régulièrement, tel un témoin de ce passage de relais musical, par Gaël Mevel, discret chef d’orchestre qui propose et recentre les débats plutôt qu’il les dirige. Il semble sans cesse rappeler ses compagnons à lui pour mieux leur souffler de s’enfuir à nouveau.
Sur ce disque, la musique est faite de flux et reflux, d’échappées belles et de retours en terra cognita, de boucles et de courbes. Les notes distillées avec économie, la riche interaction entre les timbres et les instruments, lui confèrent chaleur et étrangeté. Les musiciens, tous complices de longue date de Gaël Mevel, balaient de la main toute virtuosité et tout bavardage inutiles. Leur démarche pourrait être celle de la « route ouverte » décrite par D.H. Lawrence lorsqu’il décrivait la poésie de Walt Whitman : « La grande maison de l’âme est la route ouverte. (…) Pas par la méditation. Pas par le jeûne. Pas en explorant paradis après paradis, intérieurement, comme les grands mystiques. Pas par l’exaltation. Pas par l’extase. Par aucun de ces moyens l’âme ne se réalise. Seulement en prenant la route ouverte. »
Le langage commun, l’esperanto du quintet, c’est le silence. Gaël Mevel nous le confirme dans les notes de pochette : « Je remercie ces musiciens d’exception, inventifs et généreux qui partagent avec moi cet espace d’écoute si particulière où, en silence, tout est possible. »
A notre tour de les remercier.
Pierre Lemarchand
Quintet
La promesse du chant
The penguin guide -USA
Belle et presque inclassable, la musique de Mevel est d’une étrangeté captivante et surréaliste.
Le premier album est cerclé par « Le rêve de Nathanaël » et « Le second rêve de Nathanaël », presque comme si l’auditeur subissait un profond glissement, tel le spectateur d’un film de Cocteau. Entre les deux, d’étonnants travaux oniriques.
« Silences » est un monde de minuscules chuchotements, et de pas silencieux.
« Marguerite est mélomane » est surprenant, alors que « le clown caressant » monte avec la merveilleuse ligne de violoncelle de Petit jusqu’à l’apogée, seulement interrompue par le retour du rêve de Nathanaël.
La promesse du chant, qui s’écoute mieux en un seule fois bien qu’il n’ait pas véritablement de continuité narrative, est un chef d’œuvre moderne et discret.
Le second disque est plus conventionnel, non pas dans le sens où ce serait un trio de jazz conventionnel, mais dans le sens où il s’écoute plus comme d’une succession d’improvisations que comme une suite continue. A nouveau, il débute et finit dans un monde similaire, cette fois d’oiseaux, et on trouve dans les danses abstraites qui suivent, beaucoup plus qu’une suggestion du monde sonore de Messiaen.
Waziniak refuse d’être gardien conventionnel du temps, et souvent utilise des formes de jeu plus libres, à même la main.
Avenel exécute un jeu d’équilibriste. Comme dans le premier album, Mevel, troquant son piano pour son bandonéon, ouvre et referme la formidable « valse naturelle » de son souffle.
Plus exigeant pour l’auditeur, moins impressionniste que le disque précédent, « danses parallèles » devrait absolument être écouté.
The Wire - fevrier 2003 -Angleterre
Le titre « La promesse du chant » résume habilement une obsession majeure des compositeurs français des derniers 200 ans. De Berlioz à Debussy et puis au-delà, en passant par Pierre Boulez, jusqu'aux membres du mouvement spectral tels Tristan Murail et Gérard Grisey, la préoccupation a été de rendre moins nette la démarcation entre la mélodie et l'arrière-plan harmonique en faisant quelque chose de plus fondu et de broder le son avec la technique illusoire du trompe-l'œil.
La musique du pianiste français, âgé de 36 ans, Gaël Mevel, porte cette empreinte tant ces performances réussissent à fusionner une approche de l'improvisation d'un optimisme brillant et léger avec le genre de raffinement intense de la texture que l'on associe habituellement avec une partition écrite. Ainsi, Mevel réfute et confirme à la fois le jugement du saxophoniste francophile Steve Lacy : « le jazz français c'est comme le champagne américain. »
Le soin détaillé avec lequel Mevel exploite les ressources combinées de son quintette se révèle au mieux dans sa composition très développée « Pentalogue ». Au cœur de ce dialogue à cinq voix se trouve la basse enjouée de Jacques Avenel autour de laquelle Mevel positionne judicieusement un spectre voilé de notes en sourdine de la clarinette de Jacques Di Donato, des harmoniques du violoncelle de Didier Petit et des éruptions débordantes de la batterie de Thierry Waziniak. Alors que la basse d'Avenel se rapproche de l'orbite de l'ensemble, le piano espiègle de Mevel prend le centre de la scène et la pièce se termine sur un choral bizarre et déformé, encore plus efficace car il oublie de s'annoncer. En paraphrasant la célèbre phrase de Dave Brubeck où il dit que son quatuor compte cinq membres : quatre musiciens et un public, Gaël Mevel affirme que son quintette compte six membres car le silence en devient un élément aussi fondamental que le son. Dans « Silences » des éclats de gravats sonores sont violemment interrompus par des étendues de silence. Tel Marcel Marceau répondant à un gag de Jacques Tati, le morceau prend une tournure humoristique alors que les silences s'étirent de façon imprévisible.
Le style de jeu de Mevel est une distillation inventive de gestes rappelant Cecil Taylor avec l'attitude tangentielle et surréaliste envers le rythme d'un Andrew Hill, le tout transformé dans un patois hautement pianistique et impressionniste. « Le Jardinier de Grenade » s'ouvre avec un solo de piano kaléidoscopique retenu par un réseau sous-jacent de résonances bizarrement frappées et d'accords soutenus à la pédale qui flottent dans une douce opposition telle que l'huile sur l'eau. Mevel ajoute du muscle à « La Joue d'Albertine » avec des accords plaqués violemment cassants, alors que sa conclusion romantique à la dernière mélodie «Le second rêve de Nathanaël » est défiée par la ligne chevrotante de façon incongrue de la mélodie au violoncelle et une section rythmique qui existe dans une autre dimension. Mevel propose ici un argument au parfum pleinement européen à la rhétorique de la musique d'improvisation et réussit ainsi des débuts extraordinairement assurés.
Philip Clark
Audeo janvier 2003 portugal
Un des dix meilleurs disques de l'année 2002.
Jazz Magazine - novembre 2002 - France
S'appuyant sur des pièces courtes et un formidable sens de l'interplay, l'ensemble évolue sur des coquilles d'uf et laisse exhaler des senteurs échappées de l'école de Vienne et des plages de la West Coast.
Un art de l'allusion et de l'intériorité.
Gérard Rouy
Jazzosphère - 2003 - France
"Le chant auquel nous convie Gaël Mevel s'annonce comme une invitation à contempler les richesses profondes et parfois obscures qui fondent notre intimité et dévoilent un peu mieux une réalité que nous laissons trop en exergue par facilité ou manque de sincérité.
Gaël Mevel s'aventure ainsi avec plaisir sur les traces d'un chant épuré, guidé par des compagnons qui se livrent à un dialogue où les particularismes se transcendent en une musique vivante et inventive
All Around Jazz - octobre 2002 - New York
Un des six disque du mois de Steve Koenig.
Jazzman - Décembre 2002 France
Pianiste au phrasé retenu, attentif au timbre, Gaël Mevel affectionne les moments de latence, esquisses du souffle intérieur qui propulse la formation.
All Music Guide - octobre 2002 -canada
Cette touche française si particulière.
François couture..
Jazzwise novembre 2002 - Angleterre
Un disque convaincant et intéressant d'un talent à suivre de près.
Jazz Review - novembre 2002- Angleterre
Les amoureux de l'abstrait devraient être encouragés à découvrir le rêve à travers la musique de Gaël Mevel.
Jazz Notes - decembre 2002- France
Un monde onirique, bourré de poésie.
On flotte au milieu de chants qui vous promènent dans une fragilité constante où le murmure s'insinue.
Bad Alchemy- Fevrier 2003 Allemagne
Toutes les pièces émanent de Mevel qui, dans son génie fou, concocte une quasi-musique de chambre, introvertie, subtile et économique a la fois.
A cinq, ils s´avancent prudemment comme sur la pointe des pieds, avec des lignes poétiques et mélodieuses, des éclats rudes et bruyants, aveugles d´intuition et sûrs de leur doigté, suivant la trace d´oiseaux indicateurs de chemins ténébreux.
Blowup - décembre 2002 Italie
"La promesse du chant" devient,d'écoute en écoute, complexe et fascinant.
Trio
• Steve Koenig - juin 2004 - New York
Sachez que ce disque retiendra votre attention pendant des années.
• Coda - Mai 2004 - Canada
Une chaleureuse balance entre musiciens, instruments et formes. Andrew Choate
Improjazz - janvier 2004 - France
Stricte égalité de trois piliers. Dans l'économie du trio, le
piano calé entre basse et batterie aux extrêmes, il y a tou
jours place pour autre chose. Modestie, énigme. Apparition / disparition, épanouissement / évanouissement en
silence.
Ils ne posent pas de cadre. Des sédimentations douées :"mouvante et désordonnée perfection" dit Mevel, et aussi :"par trois points non alignés on peut toujours tracer un
cercle". Egalité de ton, clarté modérée. Des valses très
lentes sous-entendues au temps, sans prise.
Tiens, des accords... rares
Presque une tapisserie. L'extrême concentration des ludions.
Voilà une mélodie plus dessinée...
Bandonéon ? glockenspiel ? très lent, très long - des notes
isolées, un souffle
Respiration - pour terminer.
Noël Tachet
Jazz Review - Janvier 2004 Angleterre
Un fascinant Kaléidoscope musical.
Fred Grand
Octopus - Janvier 2004 France
Danses parallèles est le troisième enregistrement du pianiste Gaël Mevel, son deuxième en trio associé à Jean-Jacques Avenel, contrebasse, et Thierry Waziniak, batterie. Ce trio est l'exemple d'un parfait équilibre, équilibre précaire, fragile, c'est ce qui fait probablement toute sa force. Un trio volubile, sophistiqué,puissamment lyrique, toujours prompt à bouleverser les cadres compositionnels pour laisser libre cours à l'inspiration individuelie. Son sens de l'architecture musicale est poussé à un point extrême de rigueur et de raffinement.
Il mêle avec un grand sens de l'alchimie sonore un art de la forme élaboré, un goût prononcé pour la mélodie et une forte propension à l'improvisation. Il faut entendre comment, toujours sur le fil du rasoir, il sonne de bruissements divers dans des interprétations aux multiples facettes, en mouvement perpétuel.
Il y a dans ce trio un maintien permanent de l'ambiguïté.
Gaël Mevel et ses deux camarades de jeu travaillent avec méthode sur le discontinu, jouent sur le silence, le morcelé,
le fragment. Ils cisèlent ainsi d'exquises boîtes à musique où tout se joue et se déjoue dans le déploiement magnifique du chant. Gaël Mevel construit un puissant espace poétique, ciselant chaque note, chaque silence.
Ici, chaque note compte, et c'est une vie que la musique nous conte. Tapie dans le clair-obscur, cette musique d'un lyrisme paradoxal se dévoile en plein jour, scintillante, frémissante.
Elle s'épand avec l'ample évidence de ce qui est indispensable.
Franck Médioni
• Le Nouvel Observateur - novembre 2003 - FRANCE
“ Télépathie, fluidité, apesanteur, économie du propos, maîtrise méticuleuse des dynamiques : quand la musique survient, ces trois-là sont prêts à l’accueuillir avec ferveur. C’est beau comme un rêve éveillé. Rare.”
Bernard Loupias
All Music Guide - octobre 2003 - Canada
“L'écriture de Gaël Mevel, est concentrée et témoigne d'une voix hautement personnelle.”
François Couture.
Le télégramme - Avril 99 - France
“Privilégiant l'ombre du sous-bois à la pleine lumière, cette musique-là est celle de l'écoute, de l'attention à l'autre, de la note justement placée pour créer l'harmonie et renforcer l'homogénéité.”
Chronique de Jean-Luc Germain
Improjazz -juillet 98 - France
“Un très beau premier disque."
Philippe Renaud
Ecouter Voir - Mars 98 - France
“Quand on connaît l'exigence de Jean-Jacques Avenel, qui depuis plus de vingts ans est le contrebassiste de Steve Lacy, le fait suffit à nous convaincre de prêter l'oreille à la musique du trio. Une musique dont la sophistication, l'élégance et la concision renvoie à celle jadis jouée par Bill Evans.”
Xavier Matthyssens
Le Nouvel Observateur - février 98 - France
«On est resté longtemps scotché à «La Lucarne Incertaine», le premier disque rêveur de ce jeune pianiste français.»
Bernard Loupias.
Jazz Around - fevrier 98 - Belgique
«Là, vient cette osmose entre liberté du jazz moderne et apports harmoniques de la musique contemporaine, tout au long dune écriture contrapuntique, qui incite à dire quil joue autant du trio que du piano.
Claude Loxhay
Jazz Magazine - Déc 97 - France
«Les compositions de Gaël Mevel, qui nignorent rien de la grande tradition de la musique française savent aussi convoquer les codes du jazz le plus vif, sont source dune ardente et lumineuse poésie, par la grâce de partenaires qui sy entendent et sy trouvent. Un très beau concert heureusement restitué par ce disque.»
Philippe Méziat
Le Nouvel Observateur - novembre 97 - France
«Un jeune et nouveau poète français du piano. Pas un geste, pas une note de trop. Respiration profonde, respect du silence. Dans lombre, les trios de Paul Bley et Bill Evans veillent sur le sien. (
) A ses moments perdus(?), il joue Berio et du violoncelle. Un homme à suivre. De près. "
Bernard Loupias.
Le Monde - Octobre 97 - France
«Disque en trio, enregistré dans le club le plus chaud du vieux Tours, Le Petit Faucheux. Au piano, Gaël Mevel, responsable des compositions; à la batterie, Thierry Waziniak, plus près de Paul Motian que dun marteau piqueur; à a contrebasse, un poète grave, un des meilleurs artistes de linstrument et de loin le plus effacé, Jean-Jacques Avenel. Lensemble est dessiné pour qualifier une des réussites les plus significatives de la musique qui se joue au Petit Faucheux. Parce quon ny joue pas la musique dailleurs. Conception égalitaire des rôles, libertaire des circulations, élitiste des ambitions. Cest comme ça. Avec à la clef beaucoup de charme, de douceur, et quelque chose comme une algèbre mauve, la musique un instant immobile, comme étonnée de sa propre gloire, qui se laisse à la fin penser.»
Francis Marmande
Ciné-concert "
les larmes du clown"
Dernières nouvelles d'Alsace. Nov 2009
Le trio opte, chose rare dans l'exercice du ciné-concert, pour la retenue, laissant à des moments chosis respirer des silences où l'image déploie ses beautés.
Une bien belle manière, messieurs les musiciens de rendre hommages aux image d'un grand film sur la condition humaine.
Didier Rambic
Ouest France. Janvier 2010
À l'écran, un chef-d'oeuvre du cinéma muet tourné en 1920 par le cinéaste suédois Victor Sjöström. Sur scène le pianiste Gaël Mevel, le clarinettiste Jacques Di Donato et le percussionniste Thierry Waziniak. Un trio d'exception, dans une relation écrit-improvisé au gré des images et du récit. La gageure était de taille et le risque était grand de tomber dans une simple illustration sonore ou au contraire de donner un véritable concert. Mais non, le trio a atteint un équilibre parfait.
Une musique lancinante comme la douleur, aussi tranchante que le rire qui détruit « LUI », le clown trahi et bafoué, aussi percutante que les gifles qu'il reçoit, aussi acérée que la lame qui le transperce. Une musique qui cisèle l'émotion et relève le drame qui se noue sur la toile, et qui, dans un étrange malaise, abandonne parfois le spectateur au silence.
Ce projet, créé à l'initiative de Gaël Mevel, permet aussi de redécouvrir le cinéma muet à travers le génie inventif de Sjöström. Un cinéma que l'absence de paroles conduit à la théâtralisation et presque à la pantomime, mais à la puissance expressive subtile. Une expérience à renouveler !
Improjazz , juillet-août 2010.
Jazz in Arles - 18 au 22 mai 2010
Les larmes du clown est une musique poignante, intense. Elle est l'oeuvre de Gaël Mevel (piano), Jacques Di Donato (clarinettes), Thierry Waziniak (batterie). Elle n'accompagne pas le film, elle fait jeu égal avec lui. Elle s'improvise par touches légères ou graves, ne souligne ou ne surligne jamais. Elle est là magnifique, magnétique. Des accords surgissent qui jamais ne se résorbent. Ils ne s'évanouiront qu'au générique final. c'étaient les larmes du clown. Pour certains : les larmes du spectateur. (vendredi 21 mai)
Luc Bouquet
Citizen jazz -août 2010.
Ce moment de grâce était le prologue rêvé à la projection d’un film muet Les Larmes du clown, illustré par un trio passionnant : Gaël Mevel (piano et bandonéon), Thierry Waziniak (percussions), et Jacques Di Donato (clarinettes).
Réalisateur, scénariste, acteur, le Suédois Victor Sjöström est un pionnier du cinéma au même titre que David Griffith : parallèlement à lui, il a forgé un nouveau moyen d’expression grâce au langage cinématographique, usant de cadrages variés et d’effets d’éclairage, un art plastique à part entière se réclamant d’une sorte de « peinture en mouvement ». Le rythme auquel se succèdent plans et séquences, alternant extérieurs et décors architecturés en profondeur, crée une véritable « symphonie visuelle ». Raison supplémentaire pour essayer d’entendre les sons et la musique que peuvent inspirer ces images.
Les larmes du clown (1924) n’est pas le film le plus souvent cité quand on évoque cet immense metteur en scène, mais il a plu à Gaël Mevel, qui a fait en sorte d’en obtenir une copie, fût-ce - indignité sacrilège - pour la détruire ensuite !
La musique doit se couler dans l’ensemble sans le dénaturer, souligner sans accentuer. Jamais ce trio parfait ne donne l’impression d’accompagner : sans surcharger la visibilité, les musiciens savent se faire oublier - c’est en effet une des tentations de l’exercice que de se fixer sur le seul spectacle de la musique, et de perdre de vue l’écran.
Ici [3], le Suédois nous invite à une réflexion sur la dignité humaine, stigmatisant la cruauté des puissants et l’ironie détestable de la vie. Dévoilons-en rapidement l’intrigue : un inventeur subit une terrible humiliation devant une assemblée de scientifiques installés, vieux singes ricanants qui le destituent. Il décide brutalement de tout abandonner, de changer de vie. Il sera clown de cirque, mais revivra tous les soirs « la scène » tragique en rejouant (belle séquence en surimpression) la même humiliation puisqu’il s’y fait gifler - pour le plus grand plaisir des badauds, autres monstres grimaçants, spectateurs voyeurs qui nous renvoient en miroir la sauvagerie des comportements humains. Le clown a le malheur de tomber amoureux de la belle écuyère (Norma Shearer), bien évidemment attirée par le jeune premier (John Gilbert, futur partenaire attitré de la « divine » Garbo.
Quand le vieux comédien osera se déclarer, elle le giflera à son tour. Dans ce mélo flamboyant, la prestation de Lon Chaney est saisissante : toute la tristesse, la cruauté du monde et de la destinée se lisent sur son visage (supplicié) qui demeure digne.
L’illustration musicale des films est un exercice de style délicat, quoique actuellement en vogue ; il permet cependant de (re)découvrir des films oubliés, ou du moins remisés dans les seules cinémathèques. Il est plaisant que ce soit grâce à des musiciens, des acteurs du son, des metteurs en scène d’un autre imaginaire. Il en résulte ici le clair-obscur d’une musique de rêve éveillé, aux accords troublants, aux sonorités presque étranges. La magie sidère d’autant mieux qu’elle s’effectue sans mystère, au vu et au su de tous. Quelques tubes métalliques, un soufflet, des touches d’ivoire et d’ébène, des fûts et tambours, des peaux, trois silhouettes en ombre chinoise et voilà ! En osmose étroite avec les scènes qui défilent sur l’écran, le trio crée les enchaînements, règle les contrastes, voire sème la surprise, puisqu’il laisse à certains moments forts le silence s’installer et faire place aux images expressives. Un son délicieusement « rétro », un percussionniste qui sait doser les volumes sonores, l’élégance des clarinettes… tout est en place, même le fracas du monde vulgaire et cruel quand il refait surface. Des moments percussifs, des climats de pure méditation. Entre réflexion, lucidité, intensité et désespoir. Une virtuosité saisissante et insaisissable.
Helene Collon
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