De nul lieu et du Japon

 

 


     
  Gaël Mevel : violoncelle, composition
Fumie Hihara : koto et voix
Thierry Waziniak : percussions
Daniel Lifermann : flûte shakuhachi
Namiko Gahier-Ogawa : danse
Flore Dupont : création lumière et vidéo




Film de présentation

De nul lieu et du Japon est une création qui prend racine dans la fascination que j'éprouve pour le Japon.
Cette création a pour but de laisser naître ce pays imaginé.
Je parle de pays imaginaire parce que la réalité n’existe pas, Oscar Wilde a raison lorsqu’il dit que c'est Turner qui a inventé les couchers de soleil.
C'est Turner qui a forgé une partie de notre regard sur le coucher de soleil.
Ce projet est forgé de regards sur le japon.

 

 

Je vais laisser ainsi éclore les images et les sons :
Le tambour no et la voix qui le précède, qui ouvre un espace si on l'envisage comme une mélodie de timbre, propagée dans l'orchestre,
la si grande délicatesse du phrasé de la flûte Shakuhachi, le timbre du Koto, les gestes qu'il nécessite,
la vivacité de certains gestes, je pense aux vieux hommes assis en tailleur et qui se lèvent comme des enfants,
l'immobilité et le silence, la pudeur des sentiments, des visages dans le cinéma de Ozu,
les vêtement extraordinaire à réinventer,
la délicate, forte et étrange intonation de la langue, comment elle peut survivre dans le phrasé de la musique,
l’exactitude millénaire du Gagaku, son raffinement et l’exacte promesse qu’il tient : un moment d'une pureté totale.

 

 


Je voudrais rendre hommage, à la tradition musicale et gestuelle du Japon, c’est à dire la réinventer, l'oublier, la laisser nous pénétrer par reflet. Mais aussi imaginer une musique qui serait nourrie de gestes, de sons et de silences, d'absolu, de contrastes, de force et de pudeur et imaginer les gestes que cela pourrait créer pour la danse, et faire le contraire, créer un lien entre les gestes et les sons, entre les sons et les gestes, dans un aller retour perméable mais qui laisse chacun dans la force de son propos.

J'ai pour cela fait appel à des musiciens et danseur à la fois exigeants, passionnés, subtils et intenses, dont le travail a toujours eu, d'une manière ou d'une autre un lien avec le Japon.

 

 

Pour les percussions j'ai imaginé un set construit autour de la notion d'élément : l'eau, la terre, le fer, le verre, le bois l’ont forgé.

Le nom de ce projet est emprunté à un recueil de poésie de Jacques Dupin, merveilleux poète, qui décrit avec force, tendresse, une autre fascination japonaise.
Quatre de ses textes sont présents dans ce spectacle, chantés par Fumie Hihara en japonais.

Sur le neutre de la flûte
où ta lêvre attire
et creuse une flamme d’air

Le vide est pleinitude       et la fleur
haillons de la mort légère

Flore Dupont, merveilleuse créatrice lumière et vidéo dresse l'écrin nécessaire à ce récit.

'De nul lieu ou du Japon" peut être précédé et/ou suivi d'un moment culinaire inventé pour la circonstance par la créatrice culinaire Sabine Hérondelle.
Elle travaille avec la compagnie Rives depuis 8 ans.

 

Dossier complet ici