Théâtre musical et culinaire                                     

                                             Texte de Gaël Mevel

 

Gael Mevel  :  acteur, musicien-cuisinier
violoncelle, bandonéon

Thierry Waziniak  :  musicien-cuisinier

Flore Dupont  : 
 éclairages

Emmanuel Vaillant  :  ingénieur du son


 

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Représentation le 30 septembre 2011
au studio Le regard du Cygne

 


 

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Extraits

 

 


 


Eveiller les sens

Dans ce spectacle opèrent deux cuisiniers-musiciens autour d'un texte de Gaël Mevel, un texte sur la cuisine et la magie du geste, sur l'amour et la mémoire, un texte délicat et profond, d'un étrange érotisme.

Un homme, un marcheur, entre dans une maison, aime une femme, cuisine pour elle, nous parle de ses gestes de cuisinier, d'amoureux, de musicien, puis découvre qu'il peut, dans cette ancienne salle de classe, grâce à la beauté de ses gestes, faire renaître le passé de cette maison : les enfants élèves d'autrefois.

Sur scène est recréé l'espace d'une cuisine imaginaire, aérienne et terrienne, posée et suspendue, une cuisine où se tissent et se détissent d'étranges liens.
Flore Dupont, grâce au travail sur la lumière crée ici une suite de tableaux d'une grande beauté picturale, jetant des ponts entre le présent et le passé.

La magie de ce spectacle tient à la fois dans l'extraordinaire travail musical qui est fait sur les mots, dans celui opéré sur les sons de la cuisine, mais aussi dans le dialogue subtil et émouvant qui s'établit entre les deux, un dialogue impossible à ce niveau sans la complicité de vingt ans qui unit les deux interprètes, Thierry Waziniak et Gaël Mevel, et leur permet ce contrepoint si délicat, si parlant.

Emmanuel Vaillant invente la mise en espace, en relief, de la danse née entre les mots et les sons, nous faisant découvrir en les rendant à l'audible les plus fins murmures de la cuisine et leurs secrets.

 


 

Ce spectacle a été enregistré et diffusé par l'atelier de création radiophonique
de France Culture.

Il peut s'accompagner d'un repas créé par le cuisinier Sylvain Beche,
ou d'un moment de mise en éveil des sens autour de quelques arômes et sons.

 

Caroline Lagouge Chaussavoine a aidé à sa réalisation et à son élaboration en partageant son temps, son expérience de la mise en scène et de la direction d'acteur, et son oeil éclairé.

 


Extrait de la pièce

Je pénètre dans le placard, profond et ses souvenirs entassés dans les casseroles, je trouve à ma main le poids qui convient.

Elle arrive bientôt, maintenant,
la cuisine est calme de son rire, bientôt, de mes gestes habiles, près des fourneaux, fébriles de l'espoir
de séduire.

J'attends la courbe crue de sa voix, son rire, de cette femme, son odeur, et dans mes mains l'espoir de l'habileté de son corps.

Il y a un lieu à inventer, où un goût naît, où la mémoire devient vierge.

Les plateaux se penchent et s'échangent, de l'immense balance, qui se penche devant moi en me regardant, des goûts.

D'un coté le roquefort, austère, puissant, noble aussi, et cette noblesse est moisie, on dit du vin de la ville d'Yquem qu'on le fait à partir de pourriture noble, étrange hiérarchie de la pourriture, qu'on saisit pourtant,
de l'autre, la clémentine, elle est insolente,
on pense au parfum, mais je crois qu'elle a un secret, qu'elle ne dit pas
.

Je coupe des fenouils en morceaux, vous pouvez les faire
revenir dans l'huile d'olive, les saisir, juste un instant, puis baissez le feu, juste un instant.
Vous les aurez sans doute fait mariner dans le jus d'une clémentine, et tôt ou tard, il faudra les confronter à la douce violence du fromage.
Je ne parle pas de quantité, puisque vous avez déjà observé la lente rotation d'une balance de Roberval.
Elle soulève, se baisse puis s'apaise.
Ici, on voudrait voir la limite entre cet apaisement et le mouvement même de l'instabilité.
La balance apaisée bientôt, mais jamais.
C'est ce mouvement qu'il faut montrer du doigt, avec quelques zestes, du poivre et du fromage.
Alors, vous pouvez rajouter un peu de crème, de cette crème qu'on imagine (Il y a un bruissement derrière moi, des voix d'enfants, je vous en ai parlé déjà).
Toucher du doigt ce mouvement c'est toucher du doigt le lieu où les limites se perdent, glissent lentement, le lieu qui est le seul lieu dont on espère la rencontre, le lieu où, en silence, le mouvement devient  la danse la plus lente, la danse qui existe avant l'immobilité, la vraie danse.

Je pense à ses yeux, et au mouvement d'elle tout à l'heure,
et j'espère et attends.

 

 

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